L’alimentation bio séduit de plus en plus consommateurs. Nous sommes de plus en plus nombreux à consommer des produits bio. En 2009, près d’un Français sur deux a consommé du bio au moins une fois par mois et la demande ne cesse de croître. Si les Français estiment normal de payer plus cher des produits bio, le prix reste un frein majeur au développement de l’agriculture biologique.
La grande distribution et le hard discount l’ont bien compris. Depuis deux ans , ils s’engouffrent joyeusement dans cette niche économique. Même si la part du « bio » reste marginale dans leur chiffre d’affaires, l’objectif des grandes surfaces est de capter et de satisfaire une clientèle variée, de plus en plus volatile. Le principe étant de créer des rayons spécialisés, de développer ces produits, des marques avec un maximum de références à des prix très proches de ceux des produits conventionnels
La grande distribution serait-elle devenue « le fer de lance de la démocratisation de la bio » ?
L’arrivée de la « bio » dans les grandes surfaces est d’une certaine façon la reconnaissance d’une filière agricole et de ses mérites. Cela peut être également une incitation pour une clientèle qui jusque-là ne s’y intéressait pas, de pouvoir manger bio sans dépenser trop, et peut-être de susciter un réel intérêt vers un nouveau mode de consommation.
On peut tout de même s’interroger sur les motivations des grandes enseignes qui jusqu’à présent, font passer la rentabilité avant la qualité des produits distribués. Ils portent encore la réputation d’étrangler les petits producteurs, qu’ils soient bio ou pas.
Derrière ces labels bio des grandes surfaces, se cachent souvent des multinationales, qui font du bio uniquement pour augmenter leurs parts de marché. A contrario, marchés, AMAP, et autres formes de vente directe permettent de rencontrer les producteurs et de s’informer sur leurs méthodes de travail. Nos producteurs locaux, représentent sans doute mieux l’agriculture biologique qu’une multinationale ! Un producteur certifié connaît les exigences des labels… la caissière du Leclerc ou du Carrefour, c’est pas gagnée.
On ne peut pas à priori remettre en cause la qualité des produits bio en grandes surfaces, ni leur origine biologique puisqu’ils sont porteurs du label officiel AB et/ou du nouveau logo bio européen. Vous consommez bien des produits issus de l’agriculture biologique, même si la nouvelle réglementation européenne autorise jusqu’à 4,99% d’ingrédients non biologiques et des OGM « accidentels » autorisés à hauteur de 0,9%…
Les vrais produits 100% bio se retrouvent désormais dans des labels «bio privés» (Nature et Progrés, Demeter, Bio cohérence) distribués dans les magasins spécialisés, et non en grande surface. Ils portent également l’avantage d’intégrer dans leur cahier des charges, une dimension éthique et sociale.
Autre constat, économique celui-ci, les achats bio en grande surface se font au détriment de la distribution spécialisée et des circuits courts (Amap*, marchés, coopératives bio, vente directe), donc de notre économie locale et de nos services de proximité. Enfin, la grande distribution reproduit également avec les produits bio, les travers de la filière classique : des marges gonflées pour maintenir les profits et des prix cassés au détriment de la rémunération des producteurs.
D’un point de vue écologique : la trop faible capacité de production française actuelle et la recherche de petits prix poussent à importer 50 % des produits. Des fruits qui viennent d’Argentine, des pommes de terre d’Egypte, des céréales de Chine, ont quand même un fort impact écologique … sans oublier les emballages, les prospectus de campagnes pub, ou même une signalétique » tape à l’œil » dans les rayons. La liste est loin d’être exhaustive. Il est donc difficile d’affirmer que tout ceci s’inscrive dans une démarche de développement durable et d’éthique sociale …
Alors manger Bio ! mais, achetez sur les marchés, aux producteurs locaux, et venez avec votre panier. Privilégiez aussi les labels comme Nature et Progres, Demeter, Bio cohérence dans les magasins et coopératives bio.
Il est possible de consommer bio sans se ruiner. Il faut acheter le plus localement possible et réduire ainsi les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Les circuits courts déja cités (Amap*, marchés, coopératives bio, vente directe) ont cet énorme avantage.
Enfin si vous avez le temps et l’espace, jardiner Bio et cuisinez vous-même reste la meilleure alternative !
Vincent Datin, animateur Biodordogne















