Les cantines se mettent au bio

25 mai 2011 Aucun commentaire »
Les cantines se mettent au bio

Initié en 2000 en Dordogne, le « bio » dans les cantines scolaires gagne du terrain. A quand des repas entièrement biologiques pour nos enfants ? En Dordogne, le mouvement a commencé il y a une dizaine d’années, avec la cantine de l’école primaire de Tursac qui s’est mis en 2000 à proposer des produits locaux et bio. Aujourd’hui, de la maternelle au lycée, la majorité des cantines du Périgord proposent au moins une fois dans l’année des aliments bio ou au moins provenant de producteurs locaux. C’est le constat d’AgroBio Périgord, l’organisme chargé de la mise en place et la promotion des filières bio.

À titre d’exemple, dans le Pays de l’Isle (1), deux tiers des restaurants scolaires ont introduit des produits bio dans leurs menus en 2010. Mais de là, à confectionner des repas entièrement bio, il y a un pas de géant que quelques écoles, qui se comptent sur les doigts de la main, ont franchi. La cantine scolaire de Marsaneix (lire ci-dessous) en est un des exemples les plus aboutis.

Des budgets votés par les collectivités
Effet de mode ou véritable tendance de fond, toujours est-il que les collectivités se mobilisent dans ce sens. Pour les collèges, le Conseil général alloue un euro par repas où des aliments bio sont utilisés. Il a prévu dans son budget 2011, 50 000 euros dédiés aux projets de bio dans les cantines.

Pour les lycées, le Conseil régional a lui aussi initié une politique dans ce sens, avec 32 000 euros prévus au budget 2011. Les mairies, gérant les cantines maternelles et primaires, deviennent de plus en plus sensibles à ce type d’argument. Cependant, plusieurs éléments freinent la mise en place de repas entièrement bio.

Le coût, le problème ou idée reçue ?
« On fonctionne avec des centrales d’achats qui se mettent à nous proposer un catalogue de produits bio. Mais les prix sont plus élevés. Je préfère proposer à l’année des produits de qualité, par exemple de la viande avec un label, mais pas forcément bio », tranche la gestionnaire du lycée Léonard-de-Vinci, à Périgueux. Pour Gaëlle Baligand, chargée de mission « restauration collective » pour AgroBio Périgord, le surcoût est une idée reçue : « C’est plus cher si on choisit des produits bio qui viennent de loin. En travaillant en partenariat avec les agriculteurs locaux et en n’utilisant que des produits de saison, le surcoût est limité. »

Des filières pas encore organisées
Le recours au bio pose également des problèmes d’organisation, puisque la plupart des collèges et lycées ont des centrales qui leur fournissent la majorité des produits. Difficile dans ces conditions d’organiser des partenariats avec des agriculteurs locaux. Difficile, mais pas impossible. La preuve à Montpon, où Bertrand Jacques, qui est aussi gérant du magasin Biocoop, est en charge d’une plateforme bio, Isle mange bio, constituée en association. Les agriculteurs bio livrent leurs produits à la plateforme qui les redistribue ensuite à une dizaine de restaurants collectifs, dans un rayon de 50 kilomètres.

Faire correspondre l’offre et la demande
En Aquitaine, la surface de culture bio représente seulement 2 % de la surface agricole de la région. Gaëlle Balligans, à AgroBio Périgord, confirme : « Il faudrait plus d’agriculteurs bio. » Mais elle tempère : « Quand une collectivité s’engage et que les gestionnaires d’un établissement, les parents, les élus et les agriculteurs vont dans le même sens, on y arrive toujours ! »

Marie Gasc – Sud Ouest – www.sudouest.fr

(1) Il regroupe les secteurs de Montpon, Neuvic, Saint-Astier, Périgueux, Vergt jusqu’à Saint-Pierre-de -Chignac et Savignac-les-Églises.

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