Laurent Espinosa est le concepteur et le directeur de publication du journal éco-citoyen Human & Terre.
Ce journal, à l’optimisme pimenté d’un brin d’utopie, se veut le reflet des pensées populaires. Il témoigne de questionnements et de réflexions aujourd’hui présentes de façons croissantes aussi bien au niveau politique, qu’associatif ou au sein de chaque foyer.
Bonjour Laurent,
Vous êtes à la fois le fondateur du magazine éco-citoyen Human&Terre, et fortement impliqué dans des initiatives locales comme le congrès de prévention santé naturelle de Toulouse ou bien l’éco foire « la belle bio » à Muret. Qu’est ce qui motive votre engagement ?
Je pense qu’il est réellement temps de changer de mode de vie. Je n’inventerai rien, en disant que les pays dit « développés, comme la France, compte de plus en plus de suicide et de personnes mal dans leurs peaux. De ce fait, je fais parti des personnes qui n’ont pas vraiment de solutions toutes faites, mais qui cherche à améliorer un équilibre sur cette terre. C’est réellement sans prétention que je dis cela, car je crois que le changement de l’humanité passe par chaque personne, en commençant, par moi même. Donc cet engagement est motivé, pour trouver mon équilibre en donnant des orientations aux autres et à moi –même, au travers du journal, de congrès, de foire bio.
Le premier exemplaire d’Human&Terre est né en 2004, bien avant la vague du DD et du marketing vert. Comment est née l’idée de faire ce magazine ?
L’idée est partie des voyages que j’ai réalisé, des recherches que je faisais sur mon fonctionnement et de cours de naturopathie. De toutes mes lectures, cours et rencontres j’apprenais chaque jour, de nouvelles façons pour connaître mon corps et le fonctionnement de mon mental et de mes émotions. En discutant autour de moi, je m’apercevais que mes amis, familles ou connaissances, s’intéressaient à ces sujets mais ne prenaient pas le temps de lire ou de chercher des informations sur ces thématiques. Donc la première idée d’Human&Terre était basée sur la personne. En conceptualisant le support, je me suis rendu compte que 3 parties étaient indissociable : S’occuper de soi, s’occuper de la Terre, s’occuper des autres.
Un an après la création d’Human&Terre, Nicolas Hulot a lancé son pacte écocitoyen. Si je devais citer 2 personnalités, au delà de toutes les personnes qui m‘ont aidé, qui ont participé à l’évolution du journal et des mes valeurs ce serait :
- Sœur Emmanuelle, qui a été la marraine de cœur du premier numéro, pour le côté : S’occuper des autres
- Pierre Rabhi, pour son investissement à partager son savoir de l’agro écologie et donc s’occuper de la terre.
De nombreux médias traitent du développement durable au fil de l’actualité sans réel sens éthique. Quelles sont les valeurs propres à Human& Terre ?
Le sens principal du journal est de donner de l’information concrète, optimiste, positive. Parler des personnes se battant pours leurs idées, leurs rêves et montrer que tout est possible. Montrer que ce n’est pas toujours facile, mais qu’il n’y a rien de plus beau que d’essayer de vivre sa vie, selon ses envies, ses rêves.
Depuis sa création, Human&Terre a traité de nombreux dossiers thématiques sur l’environnement, l’écologie, et la santé. Dans la grande famille de la presse périodique, quel statut revendiquez vous pour Human & Terre, celui de presse spécialisée, de presse alternative ?
Je situerai Human&Terre simplement comme le média du peuple, sans être spécialisé. Nous donnons des solutions alternatives à tout ce que propose notre société, mais nous n’oublions pas que nous vivons dans ce monde et que nous pouvons le changer que de l’intérieur, donc nous essayons de ne pas être moraliste, ni trop alternatif.
L’actualité du DD est dense et la pertinence des infos est parfois discutable. Comment procédez-vous pour choisir vos thématiques et vérifier vos sources d’informations ?
Nous nous réunissons avec toute l’équipe et chacun propose des sujets, selon ce qu’il a lu, entendu, ou vu dans différents supports comme les livres, les journaux, internet et télé.
Human&Terre, ce n’est pas qu’un projet personnel, c’est aussi une équipe de collaborateurs et d’amis?
Oui, nous sommes une grande équipe, que vous découvrirez prochainement sur notre site mais chacun de nous est indépendant. Nous nous retrouvons autour des valeurs que nous défendons et des idées à faire passer.
Le développement durable reste un processus complexe dans lequel de nombreux acteurs doivent jouent un rôle essentiel. De nombreuses initiatives ne dépassent pas le stade du projet.
A travers vos expériences, existent-ils des méthodes concrètes pour faire avancer les choses?
Je pense qu’il faut avoir une réelle vision du projet dans sa capacité à être autonome financièrement. Avant Human&Terre, j’ai eu beaucoup de projet, la différence a été, que quand j’ai démarré, je me suis dit, je ne lâcherai pas jusqu’a que j’arrive à sortir le premier numéro. J’ai pris toutes les difficultés comme des expériences, des réflexions pour me faire avancer. Il y a certainement une méthode, mais qui prendrait trop de temps a expliquer, il y a surtout une philosophie de vie, en adéquation avec qui nous sommes et notre projet.
En dehors du magazine, vous êtes aussi très impliqué dans les initiatives locales avec l’organisation récemment du 2econgrés prévention santé naturelle de Toulouse mais aussi l’organisation de l’éco-foire « La Belle bio » . Pouvez-vous nous en dire plus ?
La Belle Bio est une autre façon de faire passer des idées. Nous organisons pendant 2 jours, des conférences, des rencontres, un marché de producteurs locaux ou proposant des produits biologiques. C’est une façon ludique de montrer que nous pouvons changer de société en décidant d’agir autrement, car ca nous fait plaisir. La Belle Bio, c’est deux jours de partages, d’échanges, de musiques, pour construire un autre monde.
Pour conclure, quel message souhaitez-vous transmettre à nos lecteurs ?
J’aime parler du développement durable, du respect que nous devons avoir envers la terre, ses valeurs là, sont miennes, autant que je peux, avec mes défauts et qualités, mais je pense qu’il est temps réellement, d’accorder de l’importance, à soi, se connaître. Le monde changera quand chacun d’entre nous, sera à sa place réelle. Quand chacun d’entre nous, n’acceptera plus ces conditions de vies, où le confort matériel endort notre mental, nos émotions, notre vie et continue d’appauvrir davantage les pays pauvres matériellement. Je ne parle pas de revenir à la bougie, ou à l’ancien temps, mais apprendre à vivre avec ce que nous avons besoin, apprendre à courir un peu moins, à prendre plus de temps avec les autres, à créer, jouer. Ce message, je me le dis tous les jours aussi, car je suis le premier à courir, et j’essaie de ralentir. Construisons un monde plus sain, dés aujourd’hui. Il n’est jamais trop tard. Imaginons que nous jouons un match, qui s’appelle la vie, et dont l’enjeu et de pouvoir passer une balle propre, la terre, aux générations futurs. Respectons nous, Respectons les autres, respectons notre Terre !
Human&Terre
65 rue pargaminieres
31000 Toulouse
05 34 48 89 79
www.humanterre.org
Propos recueillis par Vincent Datin














