Le 21 juin 2009

Sur le chemin des vins authentiques, nous avons rencontré Thierry et Muriel Baudry. Leur domaine « Château Larchère » est un vignoble de 28 hectares, à Pomport, transmis de père en fils, sur des sols épais, très variés à tendance argilo calcaires, avec des cépages variés situés rive gauche de la Dordogne. Ces appellations Bergerac et Monbazillac sont conduites suivant des méthodes agrobiologiques, c’est-à-dire sans utilisation d’engrais chimiques, sans pesticides organiques de synthèses et sans désherbants. L’ensemble de la production est sous le contrôle de la mention Nature et progrés et sous certification Ecocert.


- Votre vignoble est en culture biologique depuis 1989. Votre travail de qualité est récompensé par de nombreuses médailles (médailles au concours national des vins bios, raisin de bronze aux jeunes talents du vin en 2007). Pourtant, thierry, tu te définis comme paysan avant tout !?

Etre paysan vigneron bio, c’est être très proche de son vignoble, c’est être à l’écoute des moindres frémissements du temps et des changements de notre environnement. Au printemps, dans l’attente de la naissance et du réveil de la vigne, je m’affaire parmi ces ceps en les choyant. Il ne me reste plus que quelques lattes à attacher, à finir la taille des pieds d’un an, qui sont là pour remplacer les manquants, ainsi que cette nouvelle plante qui reprendra le flambeau de certaines parcelles abîmées par le temps.

Au printemps, c’est le réveil de l’ensemble de la nature… dans les vignes, tulipes sauvages, dames de onze heures et herbes remarquables étalent leurs beautés et éclatent au grand jour. Tout est bon pour attirer les butineurs et êtres fécondés.


- Le travail de la vigne est dur et exigeant, et reste tout de même éloigné de toute poésie pastorale !?

La culture biologique pour moi, c’est donner la priorité à la flore spontanée.
Cette biodiversité végétale engendre une biodiversité animale qui est un allié pendant toute la saison. Un allié de choc pour réguler les insectes ravageurs. Ceux qui sont nuisibles lorsqu’ils sont en excès sur la vigne, seront maîtriser par les insectes auxiliaires tels que : arachnides, chrysopes, punaises, coccinelles,…qui s’en nourrissent. De plus cette biodiversité permet d’accueillir des animaux bien plus gros pour former un cycle écologique riche : ver de terre, musaraigne, hérisson, mésange, faucon crécerelle, renard et agrémenter la beauté de nos paysages. Pour faciliter cela, je recrée ou entretien des murets de pierre sèches, des mares et des haies diverses pour favoriser l’épanouissement de l’environnement.


- Et le vignoble dans tout cela !?

Au printemps, les bourgeons éclatent et les feuilles commencent à sortir. Les risques de gelées me font passés quelques nuits difficiles ! La journée, quelques tontes d’herbes commence et je finis de broyer les sarments qui ont été sortis en hiver après la taille et le tirage des bois.

L’herbe broyée favorise la vie microbienne et animale de notre sol et augmentera les chances d’avoir un produit de qualité et riche en énergie. Au fur et à mesure que la plante pousse, quelques épamprages et tailles en vert sont nécessaires pour calmer la vigueur de la vigne et ne conserver que les pousses dignes à produire les futurs bois pour la taille d’hiver ainsi que les bois qui portent de beaux raisins. Tout au long de l’année, je n’ai d’yeux que pour la météorologie, la bonne santé de ma vigne, l’accompagnement de celle-ci par des méthodes douces, respectueuses des terroirs et de l’environnement.


- La vigne, la vie… on se rapproche doucement des chais !?

Oui… la période de la récolte est à la fois longue et courte en même temps. La météorologie est décisive pour finaliser un beau millésime. Dans mes chais seulement, le raisin sera travaillé sans ajout de sucre ou autre superflu œnologiques, les levures indigénes ont la responsabilité de produire et révéler le vin de l’année. Du temps, de la patience, de la surveillance, pas d’emballement…, le temps est souvent signe de réussite, le vin s’affinera dans le temps et il conservera la mémoire de l’année, coloré ou clair, parfumé ou discret, souple ou tanique, long ou court, il sera l’histoire du millésime…


- La suite ne fut que plaisir des sens et des arômes…

CHATEAU LARCHERE
Contact : Thierry et Muriel BAUDRY
Tél : 05 53 58 25 84 – 06 11 39 49 24
E-mail : gerthy24@libertysurf.fr
www.chateau-larchere.com




Propos recueillis par Vincent Datin, animateur Biodordogne



Categories: Interviews

Un commentaire

  1. TINON Chantal dit :

    Dès la semaine prochaine, Thierry sera aussi un des producteurs du site. Bien obligée d’aller chercher les viti en Bergeracois, parce qu’en Périgord Vert, ce n’est pas le pays du vin …

Laisser un commentaire