Faux bio Italien ou Bio-mafiosi ?

9 décembre 2011 Aucun commentaire »
Faux bio Italien ou Bio-mafiosi ?

Un trafic de denrées alimentaires (céréales, fruits secs, fruits et légumes, etc.), faussement déclarées comme biologiques a été mis à jour en Italie. Si la saisie effectuée à Vérone (nord-est de l’Italie) porte sur 2500 tonnes de faux produits biologiques, le trafic aurait porté sur plus de 700 000 tonnes en quelques années, pour une valeur supérieure à 220 M €. Via des sociétés écrans, les produits de base étaient achetés en Roumanie et en Italie, requalifiés en bio avec de faux certificats et revendus à un prix quatre fois supérieur à travers un réseau de grossistes en Europe, dont la France. Sept personnes sont actuellement sous mandat d’arrêt, parmi lesquels figurent les dirigeants des sociétés Sunny Land, Sona et Bioecoitalia, le directeur de l’organisme de certification pour la région des Marches. Une trentaine d’opérateurs bio de la filières céréales et fruits frais serait concernée, l’enquête est encore en cours.

Intégrité des produits bio
La part des produits frauduleux en Europe serait inférieure à 0,5% par rapport à la valeur totale des produits bio vendus en Europe, cependant l’ensemble des associations bio européennes sont actuellement en train de vérifier si leurs filières sont concernées par ce trafic. Loin de passer ces infos sous silence, elles dénoncent depuis de nombreux mois, le manque de garantie introduit par la nouvelle réglementation bio européenne. Dénoncer ce scandale s’avère nécessaire mais insuffisant à résoudre la problématique qu’il soulève. La qualité et l’authenticité des opérateurs de la bio peut-elle être prouvée par un simple contrôle des produits bio importés ?

Vers des filières régionales
Dans un marché en pleine structuration, face à l’explosion de la demande et une production française qui peine à suivre en volume, la bio doit trouver rapidement sa stabilité pour ne pas perdre la confiance des consommateurs. La certification est un élément central de l’agriculture biologique, reste qu’une agriculture bio basée sur des filières courtes, de proximité ou au moins nationales, serait sûrement plus simple à contrôler, sans parler de dynamisation de l’économie locale.

Malgré ce nouveau scandale après celui des graines germées de cet été, les citoyens doivent savoir que les produits bio alimentaires sont les plus contrôlés. L’agriculture biologique reste le mode de production le plus respectueux de l’environnement, la qualité de l’eau, la biodiversité, le bien-être animal… C’est aussi s’engager en faveur d’une consommation responsable pour le bien-être des générations futures.

Vincent Datin

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